c’est presqu’aussi beau qu’une baloune pétée

13 octobre 2009

Un pyjama bleu, celui avec des étoiles multicolores, deux ou trois oreillers confortables, une grosse couverte, du popcorn, du jus rouge, de la pluie dehors, les rideaux fermés, tout plein de lumière à l’intérieur. On pourrait croire que c’est l’automne mais non, c’est l’été et ça finit bientôt.

Le téléphone a sonné, pas trop fort, c’est à cause de la nouvelle sonnerie. Tu m’as dit ça fait longtemps qu’on s’est vu, as-tu encore du blanc dans tes cheveux? Ça m’a fait sourire parce que je ne voulais pas les teindre, les cheveux blancs et toi, ça te rendait hystérique, tu disais mais tout le monde se teint les cheveux, surtout s’ils sont blancs, pourquoi pas hen, pourquoi pas toi? Justement, parce que faire comme tout le monde, c’est pas moi.

Tu m’as parlé de ta nouvelle copine qui te rend heureux, de ton travail plate mais payant, du condo que tu viens de t’acheter, du voyage que vous rêvez de faire, ensemble. Et c’est là que j’ai eu envie de pleurer, quand tu as parlé du voyage et que j’ai bien essayé mais c’était plus fort que moi, je me suis rappelée.. avec toi, à l’aéroport, on était en retard, le vol dans dix minutes mais toi et moi, tranquillement, tirant les milliards de valises, on prenait le temps de s’embrasser, le temps de rire de la madame avec son chapeau tellement laid, le temps de s’agenouiller devant la poussette, les jumelles habillées en rose que je trouvais si cute on va être en retard que tu avais dit et moi qui insistais pour connaître leurs prénoms – Juliette et Maeva – les yeux bleus, les boucles blondes, nos enfants seraient mille fois plus beaux, tu l’avais promis.

Tu m’as demandé est-ce que tout va bien pour toi, est-ce que ton célibat te fout encore les bleus le dimanche soir, danses-tu dans le salon en buvant une tonne de vin rouge, écris-tu? J’ai répondu oui oui ça va, des fois c’est plus plate, comme le dimanche soir.. mais ces jours-là, je bois du vin rouge ou j’écris.

À la fin, tu m’as dit que ma folie te manquait, un peu. Je n’ai rien répondu. J’ai encore voulu pleurer. Je t’ai remercié d’avoir appelé mais s’il-te-plaît, ne rappelle plus.

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2 Réponses to “c’est presqu’aussi beau qu’une baloune pétée”

  1. Julie said

    Et il n’a plus rappelé, mais pendant qu’il vivait, moi je n’oubliais pas et j’attendais qu’il rappelle…

  2. Anna-Maria said

    ah fuck non please. Il faut vivre. Attendre, c’est nul pis ça fait mal.

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