passer à autre chose grâce à des fraises

13 octobre 2009

Tu pleurais, tu pleurais tellement fort, tu criais aussi, même si tu sais que j’haïs ça les gens qui crient. Tu disais qu’ils te font chier les hommes, que tu l’aimais donc ben et que tu ne l’oublieras jamais. J’ai préparé du kraft dinner et même avec les saucisses rajoutées après, tu m’as dit non, je vais me laisser crever de faim et mourir. Mourir, crisse, tu y vas un peu fort, là.

Tu t’es fâchée, tu m’as rappelé la façon dont j’ai arrêté de vivre quand il est parti, les journées que je passais à pleurer en pyjama, le téléphone que je laissais sonner, marcher la tête baissée, marcher en pleurant, oui oui je m’en souviens, moi aussi j’aurais craché sur du kraft dinner pour mieux me laisser mourir.

Puis, comme dans un mauvais film, je t’ai regardé casser une assiette ou deux, déchirer une photo en plein milieu, presque parfaitement, je t’ai même félicité, tu as senti un de ses chandails et là, c’est moi qui a pleuré. Tu as pris un sac, un vieux sac qui traînait au fond de l’armoire, tu as mis le chandail dedans, tu as fait un noeud, tellement serré, fermé pour toujours que tu as dit et hop, aux vidanges.

Tout ça a duré une heure, maximum viens-tu, on va aller au Marché Jean Talon, acheter des fraises et des bleuets. J’ai dit oui ok et tu n’as plus jamais parlé de lui.

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