deux c’est mieux

19 avril 2010

Je les vois, ils marchent ensemble même sous la pluie même quand il fait trop froid même si elle chiale ou qu’il parle juste de hockey, ils marchent ensemble, main dans la main, heureux d’un printemps comme Paul Piché. Je la vois, les joues rougies par les petits mots d’amour qu’il lui glisse à l’oreille sur le coin de la rue et même parfois, ils sont là parmi les autres et ils semblent un plus un donc deux seulement parmi les mille autres.

Ensemble, on a compté 1789 petits coeurs à la cannelle dans le bocal rouge. On s’est assis sur le banc près du parc et on a ri on a ri tellement longtemps parce que la glace sous la neige et tous ceux qui se plantaient parce que tsé, la glace sous la neige ça glisse, les flocons qui tombaient sur mes mitaines et sur ta tuque bleue à pompon, le chocolat chaud même pas chaud, mes pieds gelés, mes mains gelées, mon nez gelé mais mon coeur pis ton coeur aussi peut-être sûrement, tellement hot. Tu m’as dit des choses qu’on oublie pas, jamais. Je t’ai demandé mille fois pourquoi tu ris et tu as répondu je ris pas, je te souris sti. Ensemble, on compte des coeurs à la cannelle. On écrit dans les miroirs. Pis on invente des histoires.

away avec toi

4 mars 2010

On pourrait partir, toi et moi, sans le dire à personne. C’est à cause de la toune, Recommencer, celle de Jean Leloup. Tu m’appelerais un matin très tôt prépare-toi, des morceaux de ta vie dans ton sac à dos, rien d’important, juste l’essentiel. Je rirais probablement très fort, crazy crazy oui, on va revenir? Tu ne répondrais pas dépêche-toi, j’arrive c’est tout ce que tu me dirais j’arrive. J’imagine que juste là, à ce moment-là, je pleurerais en choisissant le crayon rose parmi tous les autres, le crayon rose dans mon bagage, pour écrire écrire, du matin au soir, ne rien oublier de tout ça, cette fois-là où nous sommes partis, toi et moi, en ne sachant même pas si on allait revenir.

un jeu de presqu’amoureux

18 février 2010

Salon rose ou salon brun marde, High Fidelity sur pause, ma vie sa vie qui va donc ben vite. Un peu comme si j’métais assis sur la grosse télécommande d’la vie pis que mes clés avaient accroché le bouton FFW. Il dit mets-toi pas de pression pis crisse que ça veut en dire, tout plein d’affaires. Je sens juste ça, la pression. Mais comme ça, ensemble, un jeudi après-midi qui se transforme en soirée, ça donne envie d’écouter la même toune, tout le temps, sur repeat. Pis de faire un gros finger droit et fier à ladite pression, à l’envoyer se faire voir ailleurs; un gros, un gigantesque fuck oooooff à cette pression inutile que nous envoie tout le monde – est-ce que ça va marcher? est-ce que ça va flopper? est-ce qu’on aura des enfants un jour, ou pas?

330 heures plus tard.

Je sais toujours pas si ça marchera. Ça tombe bien, moi non plus je sais toujours pas si ça marchera. Mais je triche parce qu’aujourd’hui, je pense que oui, je partirais avec toi au bout du monde.

Point. Veux-tu m’embrasser? Point.

comme une veille de Noël

7 février 2010

Je me suis retrouvée au milieu de la pluie qui tombait très fort, ça mouillait mes cheveux et ça mouillait mes pieds.

De l’autre côté de la rue, tu étais trempé toi aussi et tu souriais et tu as crié. Je n’ai pas bien entendu. Je t’ai demandé de répéter et c’est le monsieur avec la longue barbe blanche qui m’a regardé avec son vieux sourire de Père Noël le gars de l’autre bord de la rue, il dit qu’il t’aime.

metro love

13 octobre 2009

Il faisait chaud, les gens étaient laids, as usual, j’avais insisté pour y aller à vélo mais tu redoutais la pluie, tu disais aussi que j’allais être trop saoûle pour revenir et ça te fait peur, quand je chante et que je pédale tellement vite, sans regarder les lumières et sans arrêter aux stop. Tu devrais t’acheter un casque que tu me dis à chaque fois et moi je répète tu m’en achèteras un à Noël, si tu veux et tu soupires et moi je souris.

J’haïs ça le métro.

Surtout depuis cette fois-là où j’ai vu la fille tellement triste, juste un peu avant sa chute. Je me rappelle de cette journée-là, j’avais tellement pleuré, les policiers m’avaient posé mille questions et moi j’avais répondu est-ce que je peux appeler un ami?

Tu étais venu me chercher, même si tu travaillais, même si du travail, tu en avais tellement, surtout en plein hiver. Tu le savais, que la fille n’allait pas bien et que je l’ai quand même laissé marcher vite sur le quai. Tu m’as regardé avec tes yeux oh tellement bleus et tu m’as dit ce n’est pas de ta faute, princesse et j’ai tellement pleuré, les ambulanciers nous ont conseillé de s’asseoir un peu, ils te chuchotaient des trucs genre choc nerveux, hôpital et moi je faisais non de la tête, pas l’hôpital, juste toi et tes bras et du silence, oui le silence de ton appartement, s’il-te-plaît.

On a passé la soirée à se raconter mille conneries, on a revu ce gars-là qu’on avait pas revu depuis le cégep et rien ne change même si on vieillit. On a bu des drinks d’été parce que tout ça finit bientôt, on a regardé les artifices près du pont, on a décidé de rentrer avant la fermeture du métro et j’ai chiâlé un peu en te disant qu’on aurait pu revenir tellement plus tard si on avait eu nos vélos.

Tu as décidé qu’on allait rester, tu as commandé un pichet de sangria et tu as dit on va marcher et t’es mieux de ne pas chiâler parce que c’est loin et que tu as donc mal aux pieds..

Ce soir-là, j’ai chanté tellement fort Aujourd’huuuui, j’ai rencontré l’Homme de ma viiiiiiie.

l’été en couleur

13 octobre 2009

C’était tout bleu à la piscine, l’eau, le ciel, mon maillot, tes yeux. C’était gris aussi, un peu. Le béton, la clôture, mon moral. Y’avait du jaune, le soleil. Du rouge, les épaules de la vieille madame. Du vert, le gazon.

Dans l’eau, tout plein de ballons, des spaghettis qui flottent, multicolores.

Près de moi, toi et tes yeux bleus. Près de toi, moi et mon moral gris.

Tu es tellement plus cool.

Mille mots d’amour par jour, me réveiller au milieu de la nuit avec cette envie folle de t’écrire, maintenant tout de suite. Je pourrais t’écrire n’importe quoi parce toi, tu n’es pas comme lui, ni comme l’autre, pas besoin de calculer, de faire attention, ne pas avoir l’air trop ci ou trop ça, juste vivre, être une princesse amoureuse rose et vivre, sans penser à cette fois-là où c’était trop vite, ou l’autre fois aussi où c’était même pas vrai, de toute façon.

Remplir le cahier brun caché sous le matelas, écrire des secrets, dessiner des coeurs et des étoiles, ton nom partout, comme à 16 ans.

Oui, s’aimer comme des ados, ça te tentes-tu?

Ça pourrait ressembler à ça, du rouge du bleu du jaune du blanc du vert du rose du mauve. Un soir, je t’appelerais sur ton cell viens dormir avec moi et tu n’hésiterais pas vraiment, le temps de finir ta bière, de dire merci bonsoir, d’écouter chialer tes amis un peu parce que tu pars encore trop tôt, tu viendrais me rejoindre, assise sur le balcon, avec mes pissenlits, il m’aime un peu beaucoup passionnément à la folie, mille pissenlits sur le balcon.

On s’est assis sur un banc sale du quai de métro. Y’était un peu tard. C’est tellement laid un métro. J’haïs ça, ça pue la pisse. Quand j’ai entendu le train arriver, je me suis dit ah fuck parce que je n’avais pas envie qu’on parte. Tu as continué à me regarder avec tes yeux tellement oh my god pis le métro a passé.

Finalement, après six trains, tu m’as dit ça et c’est quelque chose que je n’oublierai jamais parce que ces choses-là, on veut s’en souvenir toute sa vie, tu m’as dit finalement, on pourrait peut-être marcher? pis moi j’ai pensé oui oui oui je veux juste être avec toi, tout le temps mais je me suis retenue, bien sûr, j’ai juste dit ok mais j’ai envie d’une crème glacée et toi aussi, une crème glacée.

Il était 5h du matin quand je suis rentrée, les oiseaux chantaient, le soleil se levait. Le téléphone a sonné. C’était toi, un déjeuner à midi? Oh my fuckin god damn shit !!! Oui, c’est cool.