Il y a des jours avec des framboises et du chocolat. Des jours à pédaler sur De Lorimier en hurlant le plus fort possible les mauvaises paroles d’une toune de Marie Carmen. Des jours à rire plus fort que la petite voix qui crie. D’autres jours à pleurer à côté d’un filet de hockey. Il y a des jours où tu prends le windex pis oui oui, tu laves la vitre avec les coeurs dessus. Les jours avec six messages sur le répondeur je pensais à toi. Des jours à acheter n’importe quoi à la librairie. Il y a des jours du chocolat, deux sacs de chips, du chocolat, des bonbons sûrs, des bonbons en gélatine. Des jours où l’espoir de l’entendre monter l’escalier. Des jours fuck off. Des jours c’est donc ben beau. Des jours où tu demandes une autre chance. D’autres jours où c’est toi qui pars.

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confusée

14 mars 2010

Elle m’a préparé un gros bol de popcorn extra beurre en chantant cette toune-là qui console à chaque fois. Et lui qui ne m’appelle jamais, il a appelé. Pour prendre des nouvelles. Parce qu’il les sent ces choses-là qui brisent le coeur juste un peu et comme à chaque fois, il m’a offert une folie, boire une deux quatre bouteilles de vin et se rappeler ces anciennes nuits passées ensemble, veux-tu même si tu tousses encore, j’ai dit oui en riant trop fort. Il y a aussi cette amie depuis toujours et le lait chaud à la cerise qui goûtait le bonheur. Dans sa voiture, on aurait pu partir pour le bout du monde et revenir demain ou après-demain. Ça ne me dérangeait même pas parce qu’elle était là et le banc chauffant et la fenêtre ouverte et la pluie qui me tombait dessus et la musique très forte.  

Pis un truc si tu as la grippe, pas de vaseline ou de vicks sur ton nez trop mouché et brisé. Du polysporin, ok?

C’est un samedi comme presque tous les autres samedis. Sauf qu’on m’a écrit en plein milieu de la nuit depuis que je te connais, toutes les filles sont laides pis c’est vraiment inexplicable mais c’est trop beau à lire et relire et lire et relire et ça m’a tellement donné envie de pleurer parce qu’il dit aussi qu’il n’est pas un prince charmant mais ça, c’est trop fuckin pas vrai.

C’est comme ça, on se donne rendez-vous au coin de la rue, je me sens comme si c’était la première fois, encore. Ça dure combien de temps, cette impression de renouveau, à chaque fois? Les nuages sont blancs, ma gorge fait mal, sous les recommandations du médecin sois belle et tais-toi, je le regarde, il est si beau. Comme une adolescente, je trippe.. ses yeux, ses lèvres, ses mains, même ses genoux.

Deux adolescents qui ne se posent pas de questions. C’est de ça qu’on a l’air le jeudi soir. Couchés sur le divan, sous la couverture rouge. La musique qui joue, faut pas regarder l’heure. Quand il prend son manteau pour partir, je lui demande de m’embrasser encore, encore. Faut pas que tu partes, je suis fatiguée like crazy mais faut pas que tu partes, ok?

étincelles d’automne

1 février 2010

Ça ressemblait encore un peu à l’été, à cause du ciel bleu et du soleil et du rouge sur mes joues. Mais c’était l’automne, partout autour. Tu m’as parlé de la nouvelle fille qui travaille avec toi, tu la trouves jolie, j’ai souri. Tu m’as dit aussi que tu pensais l’inviter, une bière ou deux ou six la saoûler pour mieux la fourrer. Tu as utilisé le mot fourrer parce que tu sais que ça me fait rire.

On a marché sur le grand boulevard, près de la cour d’école où les enfants commençaient leur première journée d’école. J’ai remarqué la toute petite fille de rien du tout qui pleurait dans les bras de sa maman je ne veux pas y aller, je ne veux pas y aller, je ne veux pas y aller. Ça m’a rendue triste un peu. Voir cette toute petite fille de rien du tout, la forcer à y aller quand même, malgré les larmes et la grande peur d’adulte dans ses yeux d’enfant. Tu vas revenir me chercher tantôt, promis juré craché? Sa maman lui a dit sois une grande fille et elle lui a répondu non maman, non, je suis juste une petite fille de 5 ans, tu sais.

Devant le magasin de fleurs, je t’ai demandé de m’acheter un tournesol. Tu n’as pas hésité et tu m’as acheté un bouquet de tournesols. Au moins six. J’étais tellement contente, on avait l’air amoureux, toi et moi sur le coin de la rue, quand je t’ai sauté au cou pour te dire merci.

Ensuite, le marchand de glaces, la librairie, le magasin avec le beau chandail dans la vitrine, juste pour voir, pas longtemps, la bouteille de vin en haut du Mont Royal, le soleil qui se couche, les étoiles dans le ciel noir, notre première journée d’automne, ensemble.

À la Saint-Valentin, ils se donnent des fleurs, font des chasses-aux-trésors, des soupers en amoureux, se disent que c’est donc bon de s’aimer à tous les jours, pas juste à la Saint-Valentin. C’est tellement une fête commerciale.

Une balade en vélo jusqu’au parc, une couverture, des livres, un lecteur MP3, une bouteille d’eau, des cerises, je suis toute seule mais eux, ils sont deux. Et ils ont l’air si heureux, parce qu’à deux, c’est mieux.

Ils se tiennent la main parmi la foule, s’embrassent en attendant le métro, ils se regardent sans dire un mot et c’est tellement beau ça, quand ils se regardent sans dire un mot.

Ils passent leurs soirées d’été sur le balcon, à boire des bières importées, à manger des pinottes, à écouter des nouveaux groupes indie-folk, c’est toujours bon, à chaque toune. Il parle, elle rit. Elle parle, il rit. Ensemble, comme si c’était ça, le paradis.

Un jour à la fois qu’il a dit. Aujourd’hui, oui.. je suis convaincu – c’est elle la Femme de ma vie.

Tu me réveilles la nuit, quand tu rentres trop tard, tu dis que vous avez joué au poker mais tu sens le sexe, tu reviens des danseuses, tu mens, je le sais, tu mens parce que sinon, je pète une coche solide en riant un peu parce que je sais que c’est moi qui te fait bander quand tu écoutes le hockey dans le salon en buvant la bière que je t’ai apportée alors que tu ne me l’as même pas demandé.

Je te réveille la nuit, quand je rentre trop tard, je dis qu’on a passé la soirée à danser, je mens, tu le sais, j’ai passé la soirée à me faire cruiser, je mens parce que sinon, tu pètes une coche en riant un peu parce que tu le sais que c’est toi qui réussit à me faire écrire des millions de lignes d’amour, c’est pas le vieux dégueu en manque qui voulait me tripoter à trois heures du matin parce qu’il avait rien pogné de mieux.

Je regardais le ciel parce qu’elle m’avait dit que le nuage ressemblait à des oreilles de lapin. Toi tu marchais, les yeux fixés dans ton roman. Le coup n’a pas fait trop mal. Mais tu as gueulé regarde où tu marches et moi j’ai ri de te voir si ridicule. Tu as sacré un peu en t’éloignant mais je t’ai trouvé magnifiquement beau, malgré tout.

c’aurait pu être vrai

17 janvier 2009

Je mangeais du popcorn, les doigts extra-beurre. Le téléphone a sonné. Elle voulait sortir, danser un peu, boire beaucoup. Viens donc, lave tes mains, mets une camisole cute, peigne pas tes cheveux, ils sont plus beaux quand ils sont pas peignés, tes cheveux.

En rentrant saoûle à 4h du matin, les cheveux dépeignées pour vrai, les draps propres et les trois oreillers juste pour moi, tu m’as manqué encore plus.

un tout petit coeur

17 janvier 2009

J’ai dû le lui répéter des millions de fois. Amuse-toi mais fais bien attention, c’est fragile. Elle est revenue presqu’en courant, les joues rouges, pleines de larmes. Est-ce que c’est brisé pour toujours?

Aujourd’hui oui.. pour toujours. Mais demain ou après-demain, on verra.