Mes histoires ressemblent toujours à ça – au début, c’est parfait, on se rejoint aux balançoires dans le parc, on boit du vin en pyjama, on planifie des voyages d’été pour fêter des anniversaires. Les jours passent est-ce qu’on se revoit ce soir, pis demain.. Un matin, ça éclate. Partout des miettes, du bonheur en éclat, dans les craques du plancher, le balai pas très loin, je ramasse en retenant bien fort mes larmes. Il fallait s’attendre à quoi d’autre, au fond. C’est toujours la même crisse d’histoire ici, un soupir ou deux soupirs, une semaine à se dire qu’on ne se fera plus jamais prendre à ce jeu-là d’amour écrit dans les fenêtres, que c’était la dernière fois, la dernière fois.

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Même quand t’es pas sûre que c’était de l’amour? Juste parce que tu croyais pas que ça puisse te péter dans la face comme ça sans avertir un peu genre, tsé.. c’est censé paraître dans les yeux ou je sais pas, dans l’attitude, un bec plate, du kraft dinner pour souper, attendre tu sais pas quoi mais attendre à cause de lui, sentir quelque chose tu sais pas quoi mais ça se sent ces choses-là.

Pendant que tout le monde riait et buvait et parlait avec des inconnus, il m’a demandé tu fais quoi dans la vie pis c’est peut-être à cause de la vodka ou parce que je le savais trop que je pensais juste à toi pis que je m’en crissais tellement des autres, j’ai répondu là là, je traîne une vieille peine même pas d’amour mais qui me rend triste en crisse, j’ai pu envie de travailler à ma job, j’ai pu envie d’habiter chez nous, j’ai juste envie de crisser mon camp pis fuck, je vais me commander deux autres shooters j’pense. Pis le gars a souri très grand en disant fuck, c’est trop cute ça pis j’ai soupiré avec un vodka/lime pis deux vodka/lime.

Elle a dit Vous inventez du rêve et vous détruisez la réalité. Et j’ai ri tellement fort sur fond de musique classique.. mais j’aurais pu pleurer aussi. Parce que god, j’haïs trop trop ça, la musique classique.

Elle a dit autre chose aussi, genre vous n’avez rien à perdre. Et j’ai encore ri. Parce que je l’ai déjà perdu..

Elle doit me trouver très très crazy parce que je ris trop fort sur le petit divan rouge, à côté de la boîte de kleenex et de la fenêtre qui donne sur le stationnement. Habituellement, ici.. les gens sont tristes. Sinon, il y a ceux qui rient très fort et qui remarquent le stationnement et la boîte de kleenex qui sert à rien.

Je n’ai pas ri. Moi, je ne suis pas triste mais souvent, ça tremble dans ma maison.. à cause du froid.

Surtout, surtout, n’arrêtez jamais d’écrire.
Ça vous laisse en vie.

douleur

28 janvier 2010

… et cette maudite douleur qui persiste dans le haut du dos, c’est le vide du soir dans le salon rose, ça pèse, ça pèse donc lourd.

Tu pleurais, tu pleurais tellement fort, tu criais aussi, même si tu sais que j’haïs ça les gens qui crient. Tu disais qu’ils te font chier les hommes, que tu l’aimais donc ben et que tu ne l’oublieras jamais. J’ai préparé du kraft dinner et même avec les saucisses rajoutées après, tu m’as dit non, je vais me laisser crever de faim et mourir. Mourir, crisse, tu y vas un peu fort, là.

Tu t’es fâchée, tu m’as rappelé la façon dont j’ai arrêté de vivre quand il est parti, les journées que je passais à pleurer en pyjama, le téléphone que je laissais sonner, marcher la tête baissée, marcher en pleurant, oui oui je m’en souviens, moi aussi j’aurais craché sur du kraft dinner pour mieux me laisser mourir.

Puis, comme dans un mauvais film, je t’ai regardé casser une assiette ou deux, déchirer une photo en plein milieu, presque parfaitement, je t’ai même félicité, tu as senti un de ses chandails et là, c’est moi qui a pleuré. Tu as pris un sac, un vieux sac qui traînait au fond de l’armoire, tu as mis le chandail dedans, tu as fait un noeud, tellement serré, fermé pour toujours que tu as dit et hop, aux vidanges.

Tout ça a duré une heure, maximum viens-tu, on va aller au Marché Jean Talon, acheter des fraises et des bleuets. J’ai dit oui ok et tu n’as plus jamais parlé de lui.

broken heart

13 octobre 2009

C’est tout brisé, mille miettes éclatées, partout autour, sur le plancher, dans le ciel et surtout dans tes yeux. Oui, le temps arrange souvent les choses mais c’est long, le temps. La pluie dehors et le soleil qui se couche tôt, il te manque, oui il te manque, celui qui était censé t’aimer pour toujours, un peu plus à chaque jour.

Tu peux pleurer en faisant la vaisselle. Pleure aussi en écoutant la télévision parce que, je sais, c’est triste cette émission-là. Pleure quand tu entends sa voix sur le répondeur, son message que tu ne veux pas effacer. Pleure en relisant les mots que tu écrivais quand c’était si beau, l’amour. Pleure et laisse couler tes larmes, ne gaspille pas les mouchoirs.

Tu veux partir, très loin, pas pour fuir mais juste pour ne plus rester ici, où tout te rappelle celle que tu étais avant. Pas avant lui parce que tu as tout oublié, l’avant-lui, tu n’étais rien avant de le rencontrer. C’est avec lui que tu es devenue quelqu’un, à travers ses yeux, à lui.

Tu es tellement jeune, c’est ta première peine d’amour, ça fait mal.. hen?

Va voir des shows, sois gentille avec tout le monde et fais-toi mille nouveaux amis, flirte avec des inconnus juste pour te faire dire que t’es donc ben belle, sois triste et pleure, pleure mais n’oublies surtout pas que tu es donc ben belle.

ma vie comme un film

22 juin 2009

C’est vrai qu’il pourrait dire it looks like a fairy tale, un conte qui finit bien, comme dans le livre rose caché au grenier. De toute façon, il n’a jamais vraiment aimé les histoires que j’invente arrête de rêver putain, pis grandis donc.

À chaque fois, la même chose.. ah pis va donc chier. Parce que je m’en fous réellement de ce qu’il peut bien penser. Rêver, ça ne fait pas vraiment mal. Ça me rend dingue, des fois. Je ne réfléchis pas trop aux conséquences, j’écris, je dis, je crie. Eux autres, ils rient en me traitant de crazy bitch. Mais lui, il ne trouve pas ça drôle.

Y’a des soirs où je regrette. D’autres soirs, je me dis tant pis, he was just not that into you. Comme le film qui est plate, finalement. Mais tsé, des fois.. j’aimerais ça que ma vie ressemble à Benny and Joon ou The Notebook ou un autre film, n’importe lequel, mais un film d’amour. Genre.

le prince charmant

24 avril 2009

Je lui ai demandé de partir. Que lui et moi, ça ne fonctionnait pas. Que je n’étais pas vraiment heureuse. Que pour moi, l’amour.. c’est pas ça. Il a crié très fort. Il a crié Le crisse de prince charmant comme dans tes osties d’histoires inventées, il existe pas. Tu vas passer ta vie à essayer de le trouver. Je lui ai répété de partir. Il a claqué la porte. Et moi, j’ai pleuré pendant huit minutes, non stop. Pas parce qu’il est parti mais parce qu’il avait probablement raison. L’osti de chien sale.

Dis pas des choses comme ça parce que tu ne les penses pas pour vrai, i know sti, je sais que tu mens.

Y’a rien de pire que ce moment là où tout fout le camp – quand après avoir passé de longues nuits à douter, t’arrête d’y croire. Ça continu tout autour. La vie, les amours, le temps gris. Ça va passer, il faut laisser le temps. Et pourtant, une grande certitude que non crisse, ça ne finira jamais.

Des fois, je pense à lui, quand je l’aimais sans rien comprendre de l’amour. C’était le bon temps. Quand j’aimais comme une ostie de folle en pensant que ça allait durer pour toujours.

Comme si vraiment, à presque 30 ans, sans aucune histoire où j’ai aimé sans douter, je puisse vraiment croire au prince charmant.

J’ai hâte au printemps avec du soleil sur le balcon.

crazy love

24 avril 2009

J’ai foutu le bordel dans l’appartement. Comme une folle, une crisse de folle, j’ai cherché le crayon rose et les post-it en coeur. Juste pour t’écrire je t’aime et le coller sur ta boîte aux lettres avant de te ficher la paix comme tu me l’as crié il y a six mois.