confusée

14 mars 2010

Elle m’a préparé un gros bol de popcorn extra beurre en chantant cette toune-là qui console à chaque fois. Et lui qui ne m’appelle jamais, il a appelé. Pour prendre des nouvelles. Parce qu’il les sent ces choses-là qui brisent le coeur juste un peu et comme à chaque fois, il m’a offert une folie, boire une deux quatre bouteilles de vin et se rappeler ces anciennes nuits passées ensemble, veux-tu même si tu tousses encore, j’ai dit oui en riant trop fort. Il y a aussi cette amie depuis toujours et le lait chaud à la cerise qui goûtait le bonheur. Dans sa voiture, on aurait pu partir pour le bout du monde et revenir demain ou après-demain. Ça ne me dérangeait même pas parce qu’elle était là et le banc chauffant et la fenêtre ouverte et la pluie qui me tombait dessus et la musique très forte.  

Pis un truc si tu as la grippe, pas de vaseline ou de vicks sur ton nez trop mouché et brisé. Du polysporin, ok?

l’amour à Montréal

11 mars 2010

C’était une journée un peu comme les autres, je pensais à toi très fort et je voyais partout des coeurs la lumière là, regarde, on dirait un coeur pendant qu’il commandait quatre hot-dogs all-dressed tu capotes, y’a pas de coeur nulle part, c’est n’importe quoi tes histoires de coeur.  

Puis sur le boulevard, il y a eu la fille saoûle qui m’a choisi moi, parce que pour les histoires d’amour, c’est toujours moi qu’on choisit excuse-moi tsé, mon chum est parti en disant qu’il ne m’aimait plus, il va sûrement revenir hen, il va revenir dans une semaine ou deux parce que le crisse d’amour, c’est censé durer toujours, pas vrai? pis après ça, la fille saoûle qui a tellement beaucoup pleuré sur le coin de la rue.

On a marché ensemble, je lui ai raconté l’histoire des balançoires, que oui des fois, on dirait que ça peut durer toujours. Je lui ai aussi raconté l’autre histoire, celle des matins gris. Ou cette fois-là avec la même chanson, toujours, sur repeat. On a parlé des croissants brûlés, des balounes éclatées et de la buée, partout dans la fenêtre. Il ne reviendra sûrement pas c’est elle qui l’a dit, très tard dans la nuit, en me serrant dans ses bras, juste avant de me dire merci.

Puis il y a ce dimanche de novembre à Montréal.
Et l’espoir d’être ailleurs, avec toi.  
Parce que oui, encore aujourd’hui, je partirais avec toi.

Elle m’a raconté cette histoire, incroyablement triste histoire. Elle m’a choisi moi, à cause du coeur brodé sur mon manteau, elle me l’a avoué, comme ça j’ai envie de te la raconter à toi parce que tu vas comprendre et c’est de ça que j’ai besoin, une fille avec un coeur sur son manteau, une fille qui comprend.

Je l’ai rencontré à l’épicerie, elle prenait machinalement les articles sur sa liste pour les déposer dans son panier, elle pleurait aussi, tellement. Et moi, quelqu’un qui pousse son panier d’épicerie en pleurant, c’est une des choses les plus tristes que j’ai vue de ma vie. Je me suis arrêtée tout près d’elle et j’ai déposé des graines de tournesol multicolores au chocolat dans son panier ça console, tu vas voir.

Et je n’aurais peut-être pas dû parce qu’elle a pleuré encore plus fort. En me disant des choses comme il m’avait promis de m’aimer toujours. Je ne la connaissais pas cette fille-là qui pleurait parce qu’il m’avait promis de m’aimer toujours. Et je ne suis pas très bonne devant le très grand chagrin des autres.

Mais j’ai un souvenir..
Cette fois-là, à l’épicerie, je me suis promis d’aimer pour toujours.. juste trois jours à la fois.

away avec toi

4 mars 2010

On pourrait partir, toi et moi, sans le dire à personne. C’est à cause de la toune, Recommencer, celle de Jean Leloup. Tu m’appelerais un matin très tôt prépare-toi, des morceaux de ta vie dans ton sac à dos, rien d’important, juste l’essentiel. Je rirais probablement très fort, crazy crazy oui, on va revenir? Tu ne répondrais pas dépêche-toi, j’arrive c’est tout ce que tu me dirais j’arrive. J’imagine que juste là, à ce moment-là, je pleurerais en choisissant le crayon rose parmi tous les autres, le crayon rose dans mon bagage, pour écrire écrire, du matin au soir, ne rien oublier de tout ça, cette fois-là où nous sommes partis, toi et moi, en ne sachant même pas si on allait revenir.

après le drame

2 mars 2010

On est tombé sur cette photo-là par hasard et il a dit putain, on dirait toi, les lumières de Noël, la couronne dorée, un lit défait et une princesse échouée, elle s’ennuie elle aussi, elle s’ennuie tellement, comme toi hen Anna, comme toi.

Je lui ai dit que j’allais mieux, que la peine a laissé sa place à ce que je craignais le plus au monde entier, un sentiment qui mêle la désillusion et la tiédeur – une indifférence face à l’amour, un désintérêt presque c’est sûrement juste pas pour moi, tout ça.

Il a dit ben voyons donc. Elle aussi elle a dit ben voyons donc. Pis je les ai regardé avec une face d’ado qui juge tellement tout le monde fuck man, arrêtez de dire : ben voyons donc. Pis après tu vas trouver un gars avec des couilles bientôt ça va durer tellement longtemps c’est toi qui va s’écoeurer il va t’aimer likecrazy pour vrai tu vas être une fucking princesse vous allez vous marier sur la plage tu vas pleurer tellement ça va être trop beau pour être vrai.

J’ai souri vous êtes cutes, vraiment.

Pis ça m’a fait penser à la pièce Porc-Épic :

m’aimes-tu, toi ?  – le gars
es-tu du genre à t’envoler ?  – la fille

C’est un samedi comme presque tous les autres samedis. Sauf qu’on m’a écrit en plein milieu de la nuit depuis que je te connais, toutes les filles sont laides pis c’est vraiment inexplicable mais c’est trop beau à lire et relire et lire et relire et ça m’a tellement donné envie de pleurer parce qu’il dit aussi qu’il n’est pas un prince charmant mais ça, c’est trop fuckin pas vrai.

Des fois, tu aimes like crazy, pis un matin, cet amour fout le camp. Le jour se lève, comme la veille, comme demain aussi, on dirait la nuit qui reste partout autour sauf ailleurs, sauf dehors, sauf pour les voisins, ça continu. En boule, tu te dis que c’est fini, tu te promets que plus jamais ça arrivera, fuck off, l’amour c’est fuckin beau quand le gars t’achète des fleurs, c’est beau aussi le dimanche matin-midi, c’est beau dans les mariages, c’est beau quand on fait l’amour dans le salon ou dans le corridor, l’amour c’est rose, c’est du soleil, des étincelles de bonheur partout, oui crisse l’amour c’est beau. Tu te surprends même à penser que ça pourrait durer toujours. Bullshit.

On a parlé de ça, Caro et moi. De l’amour quand on pensait enfin que ça y’était, de la fois où il était parti et de la soirée à boire du porto et pleurer, toutes ensemble. Elle était triste et nous, on était triste de la voir triste. Ou sinon, cette fois-là où il avait demandé de ne pas partir même s’il n’était pas prêt mais non, ne pars pas. On avait encore pleuré toutes ensemble, sur le balcon. Ou la fois où son ex était encore dans le décor, dans son souvenir, et que c’est jamais cool de passer en deuxième. On avait loué des films d’amour et on avait pleuré, le générique commençait.  

Elle a dit ça l’autre jour c’est probablement à cause de toutes ces déceptions-là qu’aujourd’hui, je suis toute seule et je préfère peut-être même être toute seule, juste pour éviter ces moments-là, tu t’en souviens Anna, ces moments-là où on se couche en mille morceaux pour pleurer, c’est atroce, ça fait trop mal. Je ne peux plus vivre ça.

J’ai monté le son de la radio I went to the doctor guess what he told me, guess what he told me? He said, girl, you better have fun, no matter what you do. But he’s a fool on a chanté tellement fort la toune, on en a profité parce qu’on le sait bien, un jour.. we will fall in love, ça va être beau, crisse que ça va être beau.

C’est comme ça, on se donne rendez-vous au coin de la rue, je me sens comme si c’était la première fois, encore. Ça dure combien de temps, cette impression de renouveau, à chaque fois? Les nuages sont blancs, ma gorge fait mal, sous les recommandations du médecin sois belle et tais-toi, je le regarde, il est si beau. Comme une adolescente, je trippe.. ses yeux, ses lèvres, ses mains, même ses genoux.

Deux adolescents qui ne se posent pas de questions. C’est de ça qu’on a l’air le jeudi soir. Couchés sur le divan, sous la couverture rouge. La musique qui joue, faut pas regarder l’heure. Quand il prend son manteau pour partir, je lui demande de m’embrasser encore, encore. Faut pas que tu partes, je suis fatiguée like crazy mais faut pas que tu partes, ok?

un jeu de presqu’amoureux

18 février 2010

Salon rose ou salon brun marde, High Fidelity sur pause, ma vie sa vie qui va donc ben vite. Un peu comme si j’métais assis sur la grosse télécommande d’la vie pis que mes clés avaient accroché le bouton FFW. Il dit mets-toi pas de pression pis crisse que ça veut en dire, tout plein d’affaires. Je sens juste ça, la pression. Mais comme ça, ensemble, un jeudi après-midi qui se transforme en soirée, ça donne envie d’écouter la même toune, tout le temps, sur repeat. Pis de faire un gros finger droit et fier à ladite pression, à l’envoyer se faire voir ailleurs; un gros, un gigantesque fuck oooooff à cette pression inutile que nous envoie tout le monde – est-ce que ça va marcher? est-ce que ça va flopper? est-ce qu’on aura des enfants un jour, ou pas?

330 heures plus tard.

Je sais toujours pas si ça marchera. Ça tombe bien, moi non plus je sais toujours pas si ça marchera. Mais je triche parce qu’aujourd’hui, je pense que oui, je partirais avec toi au bout du monde.

Point. Veux-tu m’embrasser? Point.

de l’émotion

11 février 2010

Deux vieux amoureux de genre 70 ans qui jouent aux cartes ensemble, sur un balcon au soleil – je trouve ça fuckin émouvant. J’aurais pu brailler. Pis la vieille madame m’a fait le plus beau sourire de vieille madame du monde entier. Pis elle a dit veux-tu du chocolat? Pis j’ai dit Non merci parce que j’étais gênée mais vous avez l’air bien ensemble et le monsieur depuis 52 ans. Fuck pis fuck man je l’ai dit fort. C’est beau, c’est vraiment vraiment beau.